Ce qui songe au fond de l’image : Rêve, rêverie, film, autour de Jean Renoir

Résumé : Dans Le Signifiant imaginaire (1977), Christian Metz précise que l'expérience du film en salle s'apparente moins au rêve nocturne stricto sensu qu'à la rêverie diurne. Il y a à cela plusieurs raisons majeures : le rêveur ne sait pas qu'il rêve, le spectateur sait qu'il est au cinéma (d'ailleurs, son corps n'est pas aussi oublié que celui du rêveur : il peut gesticuler, marquer son mécontentement, encourager bruyamment un personnage, etc.) ; la perception filmique est « réelle » et n'est pas, comme le rêve, une perception relevant strictement du « psychisme interne » ; enfin, le film narratif est considérablement plus logique que le moins illogique des rêves. Ajoutons que le cinéma produit plus des « impressions » (au coefficient de leurre moindre) que des illusions, que le spectateur se heurte au fantasme d'autrui (l'instance énonciatrice du film) et que la projection en salle est publique et collective (là où le rêve est un état privé). Avec Georges Perec, on pourrait affirmer que le rêve est ce film impossible — aberration de l'un à l'autre – dont à la fois je serais l'acteur principal, suivrais le tournage et assisterais à la projection.
Mots-clés : Cinéma Jean Renoir Rêve
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Submitted on : Tuesday, September 20, 2016 - 10:22:53 AM
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Jean-Michel Durafour. Ce qui songe au fond de l’image : Rêve, rêverie, film, autour de Jean Renoir. Ligeia, dossiers sur l'art, Ligeia - Giovanni Lista, 2014, Patricia-Laure Thivat (dir.), Le rêve au cinéma, 129-132, pp.67-79. ⟨hal-01368834⟩

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