Skip to Main content Skip to Navigation
Notes de lecture

Faire le Grand Paris. Avis des habitants consultés en 1859, Nathalie Montel. Rennes, PUR, 2012, 441 p.

Résumé : Faire le Grand Paris. Avis des habitants consultés en 1859, Nathalie Montel. Rennes, PUR, 2012, 441 p. Avant 1860, la ville de Paris avait pour limites administratives le tracé de l'ancien mur dit des fermiers généraux, enceinte sommaire, à motivation fiscale, qui ne fut d'ailleurs totalement achevée que sous le Consulat. Pour protéger militairement Paris, il avait été décidé à l'initiative de Thiers, alors chef du gouvernement, de construire un réseau de fortins suburbains et une ligne de fortifications défensives dont le tracé, débordant largement les limites de la ville, correspondait aux actuels boulevards extérieurs. Une fois les crédits votés en 1841, la construction des ouvrages de cette ligne fut rondement menée. La zone entre ville et « fortifs » avait vu se développer une activité économique intense. La question de l'extension des limites de Paris jusqu'à cette ligne avait été discutée mais ne fut tranchée que par un décret impérial du 9 janvier 1859 qui décidait de cette extension mais, selon une pratique assez récente, l'assortissait de la mise en place d'une enquête publique auprès des habitants concernés, comme il en existait depuis longtemps pour la création des établissements insalubres ou dangereux et comme la pratique en avait été progressivement étendue, avec des fortunes diverses, depuis la fin de la Restauration. Cette extension concernait en tout ou en partie le territoire de nombreuses communes: huit disparaissaient par intégration totale ou partielle à Paris (Passy, Auteuil, Batignolles-Monceau, Montmartre, La Chapelle, La Villette, Belleville, Charonne, Bercy, Vaugirard et Grenelle), treize étaient amputées de portions plus ou moins étendues de leur territoire (Neuilly, Clichy, Saint-Ouen, Aubervilliers, Pantin, Prés-Saint-Gervais, Saint-Mandé, Bagnolet, Ivry, Gentilly, Montrouge, Vanves, Issy). Ces annexions étaient vécues par certains milieux d'opposition comme une extension de la gestion d'exception, centralisée et autoritaire, qui était celle des affaires municipales parisiennes, ce qui était discutable car la nomination des maires avait été étendue à toutes les communes du département de la Seine par la loi du 5 mai 1855. D'autres mettaient en évidence la volonté d'étendre à la « petite banlieue », ouvrière et remuante, la surveillance policière rigoureuse qui caractérisait Paris ; c'était en effet une des motivations explicites et avouées de cette extension. L'organisation d'une enquête (purement consultative) peut être vue comme l'expression d'une volonté libérale d'entendre l'opinion des populations concernées sans que soit mis en cause le principe de la décision. Le climat politique de 1859 pourrait contribuer à expliquer une telle ambiguïté, quand l'Empereur semble hésiter entre raidissement autoritaire, consécutif à l'attentat d'Orsini, et fuite en avant vers des choix « libéraux », bientôt attestée par l'entrée en guerre contre l'Autriche, garante de l'ordre réactionnaire hérité du Congrès de Vienne.
Document type :
Notes de lecture
Complete list of metadatas

https://hal-upec-upem.archives-ouvertes.fr/hal-02934852
Contributor : Frédéric Saly-Giocanti <>
Submitted on : Wednesday, September 9, 2020 - 4:52:07 PM
Last modification on : Tuesday, September 29, 2020 - 2:38:56 PM

File

HAL.pdf
Files produced by the author(s)

Identifiers

  • HAL Id : hal-02934852, version 1

Collections

Citation

Frédéric Saly-Giocanti. Faire le Grand Paris. Avis des habitants consultés en 1859, Nathalie Montel. Rennes, PUR, 2012, 441 p.. 2013. ⟨hal-02934852⟩

Share

Metrics

Record views

4

Files downloads

2